Étudier au Canada quand on est enfant de résident ou nouvel arrivant : plafond des permis, LAP, coûts et bourses

Qui a besoin d’un permis d’études et qui n’en a pas besoin, comment fonctionnent le plafond de 2026 et la lettre d’attestation provinciale, combien d’argent il faut prouver, combien d’heures un étudiant peut travailler, et pourquoi l’enfant d’un résident permanent paie beaucoup moins et a droit aux bourses.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) prévoit de délivrer jusqu’à 408 000 permis d’études en 2026, dont seulement 155 000 à de nouveaux étudiants arrivant au pays. Pour une demande présentée depuis le 1er septembre 2026 hors du Québec, il faut prouver 23 448 $ par année pour les seuls frais de subsistance de l’étudiant, en plus des droits de scolarité et des frais de transport. Rien de tout cela ne concerne toutefois l’enfant d’un résident permanent ou d’un citoyen. Celui-ci est un étudiant canadien : il n’a pas besoin de permis d’études, paie les droits de scolarité des étudiants canadiens et peut demander les bourses fédérales pour étudiants, qui atteignent 4 200 $ par année en 2026-2027.

Ce guide présente des renseignements généraux; il ne constitue pas un avis juridique ou financier.

Qui a besoin d’un permis d’études, et qui n’en a pas besoin?

Le permis d’études ne concerne que les étrangers. Or, un résident permanent n’est pas un « étranger » au sens de la loi sur l’immigration : il n’a donc besoin de ce permis à aucun niveau d’études. Pour la famille d’un résident temporaire, la réponse varie :

SituationÉcole (jusqu’au secondaire)Collège et université
Enfant d’un citoyen ou d’un résident permanent, lui-même résident permanentPas de permisPas de permis, et il est traité comme un étudiant canadien
Enfant mineur étranger qui accompagne un parent citoyen ou résident permanentPas de permisLa dispense est liée à son statut de mineur : vérifiez avec l’outil d’IRCC
Mineur au Canada dont un parent est autorisé à travailler ou à étudierPas de permisLa dispense est liée à son statut de mineur : à l’âge de la majorité, il lui faut un permis
Mineur qui arrive avec un parent qui demandera un permis de travail ou d’étudesDemande de permis d’études avant l’entrée, sans lettre d’acceptationPermis d’études exigé
Toute personne inscrite à un programme de 6 mois ou moinsPas de permis d’études

Le statut de « mineur » dépend de l’âge de la majorité dans la province : 18 ans en Alberta, au Manitoba, en Ontario, à l’Île-du-Prince-Édouard, au Québec et en Saskatchewan, et 19 ans dans les autres provinces et les territoires. Une fois majeur, l’enfant d’un résident temporaire devient un étudiant étranger qui a besoin d’un permis d’études, avec tout ce que cela implique de plafond et de droits de scolarité. Si vous n’êtes pas sûr de la situation de votre enfant, utilisez l’outil d’IRCC pour savoir si un permis d’études est nécessaire.

Le plafond des permis d’études 2026 et la lettre d’attestation provinciale (LAP)

Depuis 2024, le gouvernement fédéral fixe un nombre maximal de demandes de permis d’études et le répartit entre les provinces. Pour que votre demande soit comptée dans le quota de votre province, il vous faut une lettre d’attestation provinciale (LAP) ou territoriale (LAT), délivrée par la province par l’intermédiaire de votre établissement d’enseignement. Pour 2026, 309 670 places de demande ont été réservées dans le cadre du plafond; leur répartition a été annoncée le 25 novembre 2025 :

ProvincePlaces de demande en 2026
Ontario104 780
Québec93 069
Colombie-Britannique32 596
Alberta32 271
Saskatchewan11 349
Manitoba11 196
Nouvelle-Écosse8 480
Nouveau-Brunswick8 004

Qui n’a pas besoin d’une LAP ou d’une LAT en 2026 :

  • les étudiants à la maîtrise et au doctorat dans un établissement public, une nouvelle dispense en vigueur depuis le 1er janvier 2026;
  • les élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire;
  • les personnes qui prolongent leur permis au Canada au même établissement et au même niveau d’études;
  • d’autres catégories limitées, dont les étudiants en échange qui ne paient pas de droits de scolarité et certains demandeurs de résidence permanente.

Notez que l’époux ou le conjoint d’un travailleur ou d’un étudiant, ou son enfant majeur, ne figure pas parmi les catégories dispensées sur la page officielle. Une lettre délivrée en 2026 n’est valide que jusqu’au 31 décembre 2026.

Au Québec : il n’y a pas de LAP. Elle est remplacée par le certificat d’acceptation du Québec (CAQ), qui doit comporter une mention confirmant que l’étudiant a une place dans le quota du Québec ou qu’il en est dispensé. Consultez notre page sur le Québec.

La preuve de ressources financières : les montants actuels

La personne qui demande un permis d’études doit prouver qu’elle dispose de suffisamment d’argent, sans avoir à travailler au Canada, pour payer ses droits de scolarité, ses frais de subsistance et le transport aller-retour. Si le programme dure plus d’un an, elle doit expliquer comment elle financera le reste des études.

Nombre de personnesHors du Québec (demandes depuis le 1er septembre 2026)Québec (demandes depuis le 1er janvier 2026)
123 448 $24 617 $
229 192 $34 814 $
335 888 $42 638 $
443 572 $49 234 $
Chaque personne supplémentaire6 318 $ au-delà de la septième5 254 $ au-delà de la sixième

Ces montants sont annuels et n’incluent ni les droits de scolarité ni les billets d’avion. Les montants du Québec sont fixés par le gouvernement du Québec pour la demande de CAQ et comprennent l’assurance maladie de l’étudiant et des personnes qui l’accompagnent. Les frais du permis d’études lui-même, prolongation comprise, sont de 150 $, auxquels s’ajoutent 85 $ pour les données biométriques au besoin.

Avant de ne compter que les droits de scolarité, établissez un budget complet pour le logement, l’alimentation et le transport avec l’outil de budget d’installation, et comparez les villes avec quelle province convient à votre vie.

Travailler pendant les études : 24 heures par semaine

L’étudiant étranger peut travailler hors campus jusqu’à 24 heures par semaine pendant les sessions d’études, et peut répartir ces heures entre plusieurs emplois. Pendant les congés prévus, comme ceux de l’été et de l’hiver, le nombre d’heures est illimité. Les conditions :

  • être inscrit à temps plein dans un établissement d’enseignement désigné (EED);
  • suivre un programme d’au moins 6 mois menant à un diplôme;
  • détenir un permis d’études valide qui comporte une condition autorisant le travail;
  • avoir un numéro d’assurance sociale, dont les étapes sont expliquées dans le guide du NAS.

Une personne inscrite uniquement à un programme d’anglais ou de français langue seconde n’a pas le droit de travailler. Dépasser les 24 heures constitue une violation des conditions du permis, et c’est l’une des raisons pour lesquelles on peut perdre le droit de travailler à temps plein en attendant la décision sur le permis de travail postdiplôme.

Droits de scolarité : étudiant étranger ou étudiant canadien, pourquoi le statut de votre enfant compte

La différence ne tient pas qu’aux démarches, elle touche aussi le coût. Dans les règles de l’Ontario sur les droits de scolarité des collèges, par exemple, l’« étudiant étranger » est l’étranger autorisé à étudier. Le citoyen, le résident permanent et la personne protégée sont traités comme des étudiants canadiens, et leurs droits de scolarité font l’objet d’un gel gouvernemental prolongé jusqu’à l’année scolaire 2026-2027. La personne arrivée d’une autre province avant d’avoir vécu 12 mois consécutifs en Ontario est considérée comme un « étudiant d’une autre province », et ses droits peuvent augmenter jusqu’à 5 % par année.

Au Québec : la politique du ministère de l’Enseignement supérieur en vigueur depuis l’automne 2026 définit l’« étudiant canadien » comme le citoyen ou le résident permanent. L’étudiant canadien non résident du Québec paie un montant supplémentaire par unité d’études, dont il est exempté s’il prouve qu’il est « résident du Québec ». Parmi les situations reconnues : avoir un parent qui réside au Québec, détenir un certificat de sélection du Québec (CSQ), ou avoir résidé au Québec au moins trois mois sans avoir résidé dans une autre province plus de trois mois.

En pratique : si votre enfant doit bientôt obtenir sa résidence permanente, attendre qu’elle soit accordée avant de commencer le collège peut vous faire économiser une somme importante en droits de scolarité. Demandez au bureau des admissions de l’établissement quels documents prouvent le statut et à partir de quand le changement s’applique, car il n’est généralement pas rétroactif.

Prêts et bourses pour les enfants de résidents permanents

L’aide fédérale est offerte aux citoyens, aux résidents permanents et aux personnes protégées, et se demande par l’intermédiaire du bureau d’aide financière aux études de votre province, comme le RAFEO en Ontario. Les points essentiels :

  • La bourse pour étudiants à temps plein : jusqu’à 4 200 $ par année, soit 525 $ par mois d’études, en 2026-2027. La bourse complète s’applique si le revenu familial est inférieur à 38 474 $ pour une personne seule, et elle prend fin à 69 987 $; les seuils sont plus élevés pour les familles plus nombreuses.
  • La bourse n’est pas remboursable, contrairement au prêt.
  • Les prêts fédéraux ne portent pas intérêt depuis le 1er avril 2023, et le remboursement commence 6 mois après la fin des études.
  • Le plafond hebdomadaire du prêt est passé de 210 $ à 300 $ par semaine d’études en 2026-2027, dans le cadre d’une prolongation annoncée le 23 mars 2026.
  • Le Québec, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ne participent pas au programme fédéral et ont leurs propres régimes d’aide.

En Ontario, le RAFEO exige 12 mois consécutifs de résidence dans la province pour l’étudiant ou pour la personne dont le revenu est pris en compte, sans compter les périodes d’études à temps plein. L’étudiant étranger, lui, n’a droit à aucune de ces bourses ni à aucun de ces prêts.

Si votre enfant a besoin d’aide dans ses matières du secondaire avant son admission, consultez le répertoire du tutorat. Pour l’apprentissage de l’arabe, consultez les écoles de langue arabe. Et rappelez-vous que l’allocation pour enfants ne vise que les moins de 18 ans : les détails sont dans le guide de l’Allocation canadienne pour enfants (ACE).

Questions fréquentes

Mon enfant est résident permanent. A-t-il besoin d’un permis d’études pour l’université?

Non. Un résident permanent n’est pas un étranger : il n’a besoin ni d’un permis d’études ni d’une LAP, et il est traité comme un étudiant canadien pour les droits de scolarité et l’aide financière.

J’ai un permis de travail. Mes enfants ont-ils besoin d’un permis d’études pour aller à l’école?

S’ils sont au Canada et que vous êtes autorisé à travailler, ils n’en ont pas besoin du préscolaire jusqu’à la fin du secondaire. S’ils entrent au Canada avec vous pour la première fois, il est préférable de leur demander un permis d’études avant l’entrée; aucune lettre d’acceptation n’est alors exigée.

Un étudiant à la maîtrise a-t-il besoin d’une LAP en 2026?

Non, si le programme de maîtrise ou de doctorat mène à un grade dans un établissement public. Cette exigence a été supprimée pour eux le 1er janvier 2026.

Combien d’heures par semaine un étudiant étranger peut-il travailler?

Jusqu’à 24 heures hors campus pendant les sessions d’études, et sans limite pendant les congés prévus, à condition d’étudier à temps plein dans un programme d’au moins 6 mois.

L’enfant d’un résident permanent a-t-il droit à la Bourse canadienne pour étudiants dès son arrivée?

L’admissibilité fédérale dépend de la résidence permanente et du besoin financier, mais la demande passe par la province, et chaque province a ses propres conditions de résidence. En Ontario, par exemple, il faut 12 mois consécutifs : vérifiez les conditions de votre province avant l’inscription.

Sources et prochaine étape

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