Trouver un emploi au Canada quand on est nouvel arrivant : le CV canadien, le Guichet-Emplois et les services gratuits
Comment rédiger un CV qu’un employeur canadien lira, où trouver des offres fiables, qui peut vous aider gratuitement, comment distinguer une profession réglementée d’une profession non réglementée, et comment éviter les fausses offres d’emploi.
Chercher un emploi au Canada commence par un CV de deux pages au maximum, sans photo, sans âge et sans état civil : c’est la recommandation explicite du Guichet-Emplois, le site d’emploi du gouvernement du Canada. Viennent ensuite trois outils gratuits : le Guichet-Emplois, qui publie des milliers d’offres chaque jour, les services d’emploi pour nouveaux arrivants financés par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), et le réseau professionnel que vous bâtissez par le bénévolat et les contacts. Si votre profession est réglementée, comme la médecine ou certains métiers de la construction, trouver un employeur ne suffit pas : il vous faut d’abord un permis de l’organisme de réglementation de votre province.
Le CV canadien : ce que vous retirez compte plus que ce que vous ajoutez
Dans bien des pays, le CV commence par une photo, la date de naissance, la nationalité et l’état civil. Au Canada, tout cela joue contre vous. Le Guichet-Emplois recommande de retirer l’âge, le poids, la taille, l’état civil, l’appartenance religieuse et les opinions politiques, et précise que la photo n’est pas la norme au Canada et peut même réduire vos chances.
La mise en garde la plus importante : n’inscrivez jamais votre numéro d’assurance sociale (NAS) dans votre CV. Personne n’en a besoin à l’étape de la candidature; les façons de le protéger sont expliquées dans le guide du numéro d’assurance sociale.
| Élément | Dans le CV habituel de bien des pays | Dans le CV canadien |
|---|---|---|
| Photo | Courante | À retirer |
| Âge et date de naissance | Courants | À retirer |
| État civil et religion | Parfois | À retirer |
| NAS | Absent | À ne jamais inscrire |
| Longueur | Parfois plusieurs pages | Deux pages au maximum |
| Expérience ancienne | Détaillée en entier | Résumée au-delà de 15 ans |
| Coordonnées | N’importe où | En haut de la première page |
Le Guichet-Emplois suggère de limiter chaque section à cinq à sept points, pour que la personne qui trie les CV trouve rapidement ce qu’elle cherche. Dans chaque point, indiquez un résultat plutôt qu’une tâche : « J’ai réduit les délais de livraison » vaut mieux que « J’étais responsable des livraisons ».
Adaptez votre CV à chaque offre. Reprenez les mots-clés de l’annonce elle-même, car certaines entreprises trient les candidatures automatiquement avant qu’un humain les lise.
Le Guichet-Emplois : le site d’emploi du gouvernement et comment en tirer parti
Le Guichet-Emplois est le service d’emploi du gouvernement du Canada; selon IRCC, jusqu’à 2 000 nouvelles offres y sont publiées chaque jour. Son avantage : il présente, à côté des offres, de l’information sur le marché du travail pour chaque profession.
Trois services méritent votre temps :
- Le compte Plus du Guichet-Emplois : vous y créez un profil de vos compétences, montez un CV et postulez directement à certaines offres.
- Le Jumelage-emploi : il vous envoie un courriel lorsqu’une offre correspondant à votre profil est publiée.
- L’information sur les professions : le salaire moyen par région, les perspectives, les tâches et les exigences de formation. Avant toute entrevue, renseignez-vous sur le salaire habituel de votre profession dans votre ville, puis calculez le montant net après impôt avec le calculateur de salaire net.
Si l’offre est à taux horaire, vérifiez d’abord qu’elle n’est pas inférieure au salaire minimum de votre province.
Les services d’emploi gratuits pour nouveaux arrivants et leurs nouvelles règles
IRCC finance des organismes au service des immigrants dans toutes les provinces, sauf au Québec. Ces organismes offrent gratuitement des ateliers de rédaction de CV, de la préparation aux entrevues, de l’orientation professionnelle et des programmes de mentorat avec des personnes d’expérience dans votre domaine. Vous trouverez le plus proche avec l’outil officiel d’IRCC ou dans le répertoire des organismes d’établissement de Canadapedia24.
Changement important depuis le 1er avril 2026 : les résidents permanents de la catégorie économique (par exemple Entrée express et les programmes des provinces) ont désormais accès à ces services pendant un maximum de 6 ans à compter de la date d’obtention de leur résidence permanente, une durée qui passera à 5 ans à partir du 1er avril 2027. Cette règle s’applique même aux personnes devenues résidentes permanentes avant 2026. Les personnes arrivées par le parrainage familial et les réfugiés gardent un accès sans limite de durée. Toute personne qui obtient la citoyenneté canadienne perd ce droit. La date de départ figure sur la confirmation de résidence permanente (CRP).
Concrètement : ne remettez pas votre inscription à plus tard. Si vous êtes arrivé il y a quelques années et n’avez jamais utilisé ces services, vérifiez votre admissibilité dès maintenant.
IRCC mentionne aussi des organismes régionaux spécialisés dans l’emploi des immigrants qualifiés, dont TRIEC à Toronto et ISANS en Nouvelle-Écosse, ainsi que le programme fédéral de stages pour nouveaux arrivants, qui offre aux personnes admissibles une expérience de travail temporaire dans la fonction publique fédérale. Pour améliorer votre anglais, consultez le répertoire des cours d’anglais.
Au Québec
Les services d’IRCC n’y sont pas offerts; c’est le gouvernement du Québec qui propose le service gratuit Accompagnement Québec. Vous pouvez vous y inscrire si vous avez un certificat de sélection du Québec (CSQ), un certificat d’acceptation du Québec (CAQ) ou un numéro de client d’IRCC. Un agent d’intégration établit avec vous un plan personnalisé et vous oriente vers les services d’emploi et de reconnaissance des compétences. Le français est la langue normale du travail au Québec; consultez notre page sur le Québec.
Profession réglementée ou non : la différence qui détermine votre parcours
Une profession réglementée exige un permis ou un certificat avant de pouvoir l’exercer, et elle est encadrée par un organisme professionnel distinct dans chaque province. La médecine et certains métiers de la construction en sont des exemples. La plupart des professions au Canada ne sont toutefois pas réglementées, comme le rappelle le Guichet-Emplois : c’est alors l’employeur seul qui décide si votre diplôme et votre expérience lui conviennent.
| Profession réglementée | Profession non réglementée | |
|---|---|---|
| Qui décide de votre admissibilité? | L’organisme de réglementation de la province | L’employeur |
| Faut-il un permis? | Oui, avant d’exercer | Non |
| L’évaluation des diplômes pour l’immigration (EDE) suffit-elle? | Non | Elle peut aider l’employeur à comprendre votre diplôme |
| Délais et coûts | Variables selon la profession et la province | Aucuns frais de permis |
Commencez par l’outil de reconnaissance des titres de compétences étrangers du Guichet-Emplois pour savoir si votre profession est réglementée dans votre province, et quels sont les étapes, les délais et les coûts pour obtenir le permis. Lisez ensuite la différence entre l’évaluation des diplômes pour l’immigration et le permis d’exercice, puis utilisez l’outil des professions et des provinces pour trouver l’organisme compétent.
Si les frais d’examens et de formation sont un obstacle, le gouvernement fédéral finance des prêts pour la reconnaissance des titres de compétences étrangers pouvant atteindre 30 000 $, qui couvrent les frais de permis, d’examens et de formation. Entre-temps, le Guichet-Emplois conseille de chercher un emploi proche de votre domaine, pour acquérir de l’expérience canadienne sans attendre le permis.
L’« expérience canadienne » : ce qu’un employeur peut exiger en Ontario
Depuis le 1er janvier 2026, la Loi de 2000 sur les normes d’emploi de l’Ontario interdit aux employeurs qui comptent 25 employés ou plus d’exiger une « expérience canadienne » dans leurs offres d’emploi affichées publiquement ou dans les formulaires de candidature qui s’y rattachent. Cette interdiction ne vise pas les exigences liées à un permis d’exercice. La même loi oblige ces employeurs à indiquer le salaire ou l’échelle salariale dans l’offre, et à informer les personnes reçues en entrevue de la décision dans les 45 jours suivant la dernière entrevue.
La Commission ontarienne des droits de la personne considère qu’une exigence stricte d’expérience canadienne constitue à première vue de la discrimination, acceptable seulement si l’employeur prouve qu’elle est réellement nécessaire pour le poste. Les règles diffèrent dans les autres provinces : ne supposez pas qu’elles sont identiques à celles de l’Ontario.
Bénévolat et réseautage : le marché caché de l’emploi
IRCC décrit une partie des emplois comme un « marché caché » : des postes pourvus grâce aux contacts avant même d’être affichés. On y accède par un réseau professionnel bâti de façon réfléchie :
- Le bénévolat : il vous donne une expérience canadienne, une personne qui peut vous recommander et un meilleur niveau de langue. Cherchez sur la plateforme de Bénévoles Canada, auprès des organismes locaux ou dans le répertoire des associations et organismes.
- Les entrevues d’information : demandez 15 minutes à une personne de votre domaine pour l’interroger sur son métier, et non pour lui demander un emploi. C’est une pratique bien acceptée au Canada.
- Les associations professionnelles : renseignez-vous sur les adhésions pour nouveaux arrivants et les programmes de mentorat; certaines en offrent.
- Votre profil LinkedIn : donnez-lui un titre qui correspond à l’emploi que vous visez au Canada, et non à votre ancien titre.
Les fraudes à l’emploi : les signes qui trahissent une fausse offre
Une personne qui cherche un emploi de façon pressante est une cible facile pour les fraudeurs. Le Centre antifraude du Canada relève des stratagèmes récurrents : l’emploi de « client mystère », l’affichage publicitaire sur votre voiture contre un montant hebdomadaire, l’« agent financier » qui reçoit des virements dans son compte et les renvoie en cryptomonnaie, ou encore des tâches simples sur une plateforme qui exige un dépôt pour débloquer des « commissions plus élevées ».
Les signes d’alerte signalés par le Centre :
- l’entreprise vous écrit à partir d’une adresse de courriel gratuite plutôt que d’un domaine officiel;
- on vous demande de payer des frais à l’avance ou des « frais de mise à niveau »;
- on vous envoie un chèque à déposer, puis on vous demande d’en transférer une partie à quelqu’un d’autre;
- vous voyez un solde dans l’application, mais vous ne pouvez pas le retirer;
- on vous demande de télécharger un logiciel ou de rejoindre une plateforme pour faire un profit rapide.
Une seule règle vous protège de la plupart de ces fraudes : un vrai employeur vous paie, ce n’est jamais vous qui le payez. Vérifiez l’entreprise sur son site officiel et avec son numéro publié, et non avec le numéro qu’on vous a envoyé. Pour signaler une fraude, communiquez avec la police locale ou avec le Centre au 1-888-495-8501. Et si vous perdez votre emploi plus tard, connaissez vos droits grâce au guide de l’assurance-emploi (AE).
Ce guide présente des renseignements généraux; il ne constitue pas un avis juridique ou professionnel. Vérifiez les exigences de votre profession auprès de l’organisme de réglementation de votre province.
Questions fréquentes
Dois-je mettre ma photo dans mon CV canadien?
Non. Le Guichet-Emplois précise que la photo n’est pas la norme au Canada et peut réduire vos chances. Retirez aussi l’âge, l’état civil et la religion, et n’inscrivez jamais votre NAS.
Les services d’emploi pour nouveaux arrivants sont-ils gratuits?
Oui, les services financés par IRCC sont gratuits pour les personnes admissibles. Depuis le 1er avril 2026, les résidents permanents de la catégorie économique ont toutefois une limite de durée : 6 ans à compter de la résidence permanente, puis 5 ans à partir du 1er avril 2027.
Comment savoir si ma profession est réglementée?
Utilisez l’outil de reconnaissance des titres de compétences étrangers du Guichet-Emplois, ou communiquez avec l’organisme de réglementation de votre profession dans la province où vous comptez travailler. Le permis est délivré par un organisme distinct dans chaque province.
Un employeur a-t-il le droit d’exiger une expérience canadienne?
En Ontario, c’est interdit dans les offres affichées publiquement depuis le 1er janvier 2026 pour les employeurs de 25 employés ou plus, sauf pour les exigences liées à un permis d’exercice. Dans les autres provinces, consultez les normes du travail et la commission des droits de la personne locales.
Une offre d’emploi me demande de payer d’abord des frais de formation. Est-ce une fraude?
Les frais exigés à l’avance sont l’un des signes de fraude les plus clairs relevés par le Centre antifraude du Canada. Ne payez rien, vérifiez l’entreprise auprès de sources indépendantes et signalez-la au Centre en cas de doute.
